Les conditions générales de vente passent souvent pour une formalité copiée-collée, jusqu’au jour où un litige survient. Bien rédigées, elles protègent l’entreprise, cadrent la relation commerciale et évitent les mauvaises surprises sur les délais, les paiements ou les retours. Voici ce que doivent contenir des CGV, ce que la loi impose vraiment et comment les adapter selon que l’on vend à des professionnels ou à des particuliers.
À quoi servent les CGV
Les CGV constituent le socle juridique de la relation entre un vendeur et son client. Elles fixent les règles du jeu avant la vente : prix, modalités de commande, délais, paiement, garanties, gestion des litiges. En cas de désaccord, ce sont elles qui font foi, à condition d’avoir été portées à la connaissance du client et acceptées par lui. Au-delà de la protection, elles inspirent confiance : un client lit dans des CGV claires le sérieux d’une entreprise. Elles peuvent prendre la forme d’un document à part ou figurer au dos d’un devis ou sur un site marchand.
Une obligation à géométrie variable
La portée de l’obligation dépend du client. Entre professionnels, le Code de commerce (article L.441-1) prévoit que les CGV, lorsqu’elles existent, doivent être communiquées à tout professionnel qui en fait la demande : elles ne sont pas systématiquement obligatoires, mais incontournables dès qu’elles sont sollicitées. Face à un consommateur, en revanche, l’information précontractuelle est plus encadrée, et la vente à distance impose des mentions spécifiques. Dans tous les cas, des CGV écrites, sur un support durable, sont vivement recommandées.

Les mentions à ne pas oublier
Certaines mentions reviennent dans toutes les CGV, qu’elles soient destinées à des professionnels ou à des particuliers. Le tableau ci-dessous récapitule les rubriques essentielles à prévoir.
| Rubrique | Contenu attendu |
|---|---|
| Prix | Barème, réductions éventuelles, conditions tarifaires |
| Conditions de règlement | Délais de paiement, modalités, pénalités de retard |
| Commande et livraison | Processus, délais, transfert de risques |
| Garanties | Garanties légales, service après-vente |
| Litiges | Droit applicable, médiation, juridiction compétente |
Les clauses de paiement entre professionnels
Dans les relations entre entreprises, les conditions de règlement sont particulièrement encadrées. Les CGV doivent préciser le délai de paiement, mais aussi les pénalités applicables en cas de retard et l’indemnité forfaitaire de recouvrement, dont le montant minimal est fixé à 40 € par la réglementation. Mentionner clairement ces éléments n’est pas qu’une obligation : c’est un levier concret pour limiter les retards de paiement. Lorsqu’une facture reste impayée malgré tout, ces clauses servent de base à la procédure : notre guide pour relancer une facture impayée détaille les recours.
Adapter ses CGV à son activité
Le pire écueil consiste à reprendre des CGV trouvées en ligne sans les adapter : un modèle conçu pour un e-commerce n’a rien à voir avec celui d’un prestataire de services. Mieux vaut partir de son activité réelle, de ses délais et de ses risques propres. Les CGV s’articulent par ailleurs avec les autres documents commerciaux : pour la phase de devis, consultez les mentions obligatoires d’un devis, et pour la facturation, les mentions obligatoires d’une facture. Pour une activité à enjeu, une relecture par un juriste sécurise l’ensemble.
Cet article est informatif et ne remplace pas l’avis d’un avocat ou d’un juriste. La réglementation applicable variant selon votre secteur et votre clientèle, faites valider vos CGV par un professionnel du droit avant de les diffuser.
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