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Le préavis de démission

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preavis de demission

Contrairement à une idée très répandue, aucun texte ne fixe de durée générale de préavis de démission dans le Code du travail. Le salarié qui quitte volontairement son emploi doit bien respecter un délai avant de partir, mais celui-ci découle de la convention collective, du contrat de travail ou des usages, et non de la loi. Cette particularité explique la confusion permanente sur le sujet et les erreurs qui en découlent, du côté des salariés comme des employeurs.

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La durée du préavis de démission dépend d’abord de la convention collective applicable.

Ce que dit vraiment la loi sur le préavis de démission

L’article L1237-1 du Code du travail pose le principe : en cas de démission, l’existence et la durée du préavis résultent de la loi, de la convention ou de l’accord collectif de travail. À défaut, elles résultent des usages pratiqués dans la localité et la profession. Le législateur n’a fixé de durée légale que pour quelques catégories particulières, notamment les journalistes professionnels, les VRP et les assistants maternels.

Pour tous les autres salariés en CDI, la recherche se fait donc en cascade : d’abord la convention collective de branche, puis l’accord d’entreprise, puis le contrat de travail, puis les usages. Lorsque plusieurs sources prévoient des durées différentes, la règle est celle de la disposition la plus favorable au salarié, ce qui signifie en pratique la durée la plus courte pour un salarié démissionnaire.

Il est essentiel de savoir de quelle convention collective on relève : son intitulé et son numéro IDCC figurent sur le bulletin de paie. C’est le premier document à consulter avant d’annoncer son départ.

Des durées très variables selon les branches

Les conventions collectives modulent le plus souvent le préavis selon la catégorie professionnelle et parfois selon l’ancienneté. Les ordres de grandeur les plus fréquemment observés sont les suivants, mais ils n’ont aucune valeur juridique en eux-mêmes : seule votre convention fait foi.

CatégorieDurée fréquemment prévueÀ vérifier impérativement
Employé, ouvrierDe 8 jours à 1 moisConvention collective, souvent selon l’ancienneté
Agent de maîtrise, technicien1 à 2 moisConvention collective
CadreFréquemment 3 moisConvention collective et contrat de travail
Période d’essaiDélai de prévenance de 24 ou 48 heures selon la durée de présenceArticle L1221-26 du Code du travail
Ordres de grandeur courants. Aucune durée générale n’est fixée par la loi : la convention collective prime.

Le préavis démarre en principe le jour où l’employeur reçoit la démission, sans attendre le premier jour du mois suivant. Il court en jours calendaires : un préavis d’un mois notifié le 12 mars s’achève le 11 avril, week-ends et jours fériés compris.

Comment démissionner correctement

La démission doit résulter d’une volonté claire et non équivoque. Aucun formalisme n’est imposé par la loi, mais l’écrit s’impose en pratique pour dater le point de départ du préavis et éviter toute contestation ultérieure.

  • Adresser une lettre de démission remise en main propre contre décharge ou envoyée en recommandé avec accusé de réception.
  • Indiquer clairement la volonté de démissionner et, éventuellement, la date de fin de préavis souhaitée.
  • Ne pas motiver sa décision : ce n’est pas obligatoire, et une motivation maladroite peut être exploitée ultérieurement.
  • Continuer d’exécuter normalement son contrat pendant toute la durée du préavis.
  • Conserver une copie de la lettre et de l’accusé de réception.

Une démission donnée sur un coup de colère, dans un contexte de conflit, peut être requalifiée par le juge si elle n’était pas libre et éclairée. À l’inverse, un salarié qui cesse simplement de venir travailler ne démissionne pas : il s’expose à une procédure d’abandon de poste, dont les conséquences ont évolué et méritent d’être examinées avec un conseil.

Dispense, réduction et non-respect du préavis

Le préavis peut être écourté, mais les conséquences financières dépendent entièrement de l’origine de la dispense. Si c’est l’employeur qui dispense le salarié d’exécuter son préavis alors que celui-ci souhaitait le faire, il doit lui verser une indemnité compensatrice de préavis, égale au salaire qu’il aurait perçu en travaillant. Si c’est le salarié qui demande à partir plus tôt et que l’employeur accepte, aucune indemnité n’est due : le contrat prend fin à la date convenue.

Le salarié qui ne respecte pas son préavis sans accord de l’employeur commet une inexécution contractuelle. L’employeur peut alors réclamer devant le conseil de prud’hommes une indemnité correspondant au préavis non effectué, mais il ne peut pas se faire justice lui-même en retenant unilatéralement les sommes dues sur le dernier salaire.

Certaines situations dispensent le salarié de préavis, par exemple la démission pendant la grossesse ou pour élever un enfant, dans les conditions prévues par le Code du travail, ou encore la démission à l’issue d’un congé pour création d’entreprise. Là encore, la convention collective peut prévoir des dispenses supplémentaires.

Ce que le préavis change pour vos droits

Pendant le préavis, le contrat se poursuit normalement : le salarié perçoit son salaire, conserve ses avantages et continue d’acquérir des droits, notamment ses jours de congés. Il est donc utile de savoir calculer ses congés payés avant de partir, afin de vérifier l’indemnité compensatrice qui vous sera versée. Les jours travaillés à distance ne modifient rien à ces droits, le télétravailleur restant soumis aux mêmes règles de rupture.

Au terme du préavis, l’employeur remet le certificat de travail, l’attestation destinée à France Travail et le reçu pour solde de tout compte, qu’il convient de relire ligne par ligne avant toute signature. Rappelons enfin que la démission n’ouvre pas droit, en principe, à l’allocation chômage, sauf cas de démission légitime reconnus par la réglementation de l’assurance chômage ou en cas de projet de reconversion professionnelle validé. Renseignez-vous auprès de France Travail avant de poser votre démission, et non après.