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Comprendre le compte personnel de formation (CPF)

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Créé par la loi du 5 mars 2014 et monétisé depuis 2019, le compte personnel de formation (CPF) est devenu le principal outil de financement de la formation pour les actifs. Son principe est simple : chaque personne cumule des droits en euros au fil de son activité et les mobilise librement, sans demander l’autorisation de son employeur lorsque la formation se déroule hors du temps de travail. Le dispositif a toutefois beaucoup bougé ces dernières années, notamment avec l’instauration d’un reste à charge dont le montant a été relevé en avril 2026. Tour d’horizon des règles en vigueur.

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Le CPF est alimenté en euros et mobilisable via l’application officielle Mon Compte Formation.

Comment fonctionne le compte personnel de formation (CPF)

Le compte est ouvert dès l’entrée sur le marché du travail, à partir de 16 ans (15 ans pour les apprentis), et il suit la personne tout au long de sa vie professionnelle, y compris en cas de changement d’employeur ou de période de chômage. Il n’est clôturé qu’au moment du départ à la retraite, sous réserve des cas de poursuite d’activité.

L’alimentation est annuelle et proportionnelle à l’activité. Un salarié à temps plein, ou à temps partiel au moins égal à la moitié de la durée légale, acquiert 500 € par an, dans la limite d’un plafond total de 5 000 €. Les salariés peu ou pas qualifiés — n’ayant pas atteint un niveau de qualification correspondant au niveau 3 du cadre national des certifications — bénéficient d’une alimentation majorée de 800 € par an, plafonnée à 8 000 €. Une majoration existe également pour les travailleurs handicapés bénéficiaires de l’obligation d’emploi.

Les droits se consultent et se mobilisent exclusivement sur le service officiel Mon Compte Formation (moncompteformation.gouv.fr et son application mobile). Toute sollicitation par téléphone, SMS ou courriel proposant d’utiliser, de débloquer ou de convertir ces droits est une tentative d’arnaque : la Caisse des dépôts, qui gère le dispositif, ne démarche jamais les titulaires.

Le reste à charge : 150 € depuis avril 2026

Depuis mai 2024, la mobilisation du CPF s’accompagne d’une participation forfaitaire obligatoire du titulaire, prévue à l’article L6323-7 du Code du travail. Fixée initialement à 100 €, elle a été portée à 150 € par le décret n° 2026-234 du 30 mars 2026. Cette somme est réglée par le titulaire au moment de l’inscription à la formation ; il peut en demander le remboursement à son employeur, sans que celui-ci soit tenu d’accepter.

Ce reste à charge ne s’applique pas dans toutes les situations. En sont notamment exonérés les demandeurs d’emploi et les projets dont le financement fait l’objet d’un abondement de l’employeur. Comme le montant est fixé par décret et a déjà été revalorisé, il convient de vérifier la somme en vigueur sur service-public.fr ou sur Mon Compte Formation avant de finaliser une inscription.

ParamètreValeurPrécision
Alimentation annuelle (cas général)500 €Salarié à temps plein ou à mi-temps au moins
Plafond (cas général)5 000 €Plafond total du compte
Alimentation majorée800 € par anSalariés peu ou pas qualifiés
Plafond majoré8 000 €Même public
Participation forfaitaire du titulaire150 €Depuis le décret n° 2026-234 du 30 mars 2026 (100 € auparavant)
Paramètres du CPF. Montants susceptibles d’évoluer par décret : vérifier sur moncompteformation.gouv.fr.

Quelles formations sont éligibles ?

Le CPF ne finance pas n’importe quelle formation. Le catalogue est limité par la loi aux actions listées à l’article L6323-6 du Code du travail.

  • Les formations sanctionnées par une certification professionnelle enregistrée au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP).
  • Les formations sanctionnées par une attestation de validation de bloc de compétences.
  • Les certifications inscrites au répertoire spécifique (RS), qui couvrent des compétences transversales comme les langues ou la bureautique.
  • Les actions d’accompagnement à la validation des acquis de l’expérience (VAE) et le bilan de compétences.
  • Les actions de formation destinées à préparer une création ou une reprise d’entreprise.

Ce dernier point intéresse directement ceux qui envisagent de se mettre à leur compte : le CPF peut financer une formation de préparation à l’entrepreneuriat, utile en amont du choix du statut juridique de la future structure. En revanche, la loi de finances pour 2026 a mis fin à la prise en charge du permis de conduire par le CPF pour les apprentis et les salariés, l’employeur restant libre de financer une formation à la conduite dans le cadre du plan de développement des compétences lorsqu’elle est nécessaire au poste.

Sur le temps de travail ou en dehors ?

C’est la distinction qui change tout. Lorsque la formation se déroule hors du temps de travail, le salarié n’a aucune autorisation à demander : il mobilise ses droits librement et n’a pas à en informer son employeur. En contrepartie, il n’est pas rémunéré pendant ces heures.

Lorsque la formation se déroule en tout ou partie sur le temps de travail, l’accord préalable de l’employeur est nécessaire. La demande doit être adressée dans un délai qui, à défaut de dispositions conventionnelles plus favorables, est de 60 jours avant le début d’une formation de moins de six mois, et de 120 jours au-delà. L’employeur dispose de 30 jours calendaires pour répondre ; l’absence de réponse vaut acceptation. Dans ce cas, la rémunération est maintenue.

La convention collective ou un accord d’entreprise peut prévoir des règles plus souples, des abondements complémentaires ou des priorités de branche. Il faut donc systématiquement vérifier le texte applicable avant de bâtir un projet de formation.

Les abondements : quand le CPF ne suffit pas

Si le coût de la formation dépasse les droits disponibles, plusieurs financeurs peuvent compléter : l’employeur, l’opérateur de compétences de la branche, France Travail pour les demandeurs d’emploi, la région, l’Agefiph pour les travailleurs handicapés, ou le titulaire lui-même par paiement en ligne. Un abondement obligatoire de l’employeur est par ailleurs prévu dans certaines situations, notamment lorsque l’entretien professionnel n’a pas été réalisé dans les délais légaux dans les entreprises d’au moins 50 salariés.

Pour un projet de reconversion nécessitant une formation longue, le CPF trouve vite ses limites. D’autres dispositifs prennent alors le relais, comme le projet de transition professionnelle, qui permet de suivre une formation certifiante en conservant sa rémunération. Certains salariés choisissent aussi de dégager du temps par un autre biais, par exemple un congé sabbatique, sous réserve d’en remplir les conditions d’ancienneté. Dans tous les cas, le conseil en évolution professionnelle, gratuit et accessible à tout actif, reste le point d’entrée à privilégier pour construire un plan cohérent.

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