La comptabilité en micro-entreprise a de quoi rassurer : c’est l’une des plus légères qui existe. Pas de bilan, pas de compte de résultat, pas d’expert-comptable imposé. En contrepartie de cette simplicité, l’administration attend un suivi rigoureux de vos recettes et le respect de quelques obligations précises. Bien tenue, votre comptabilité de micro-entrepreneur devient un outil de pilotage autant qu’une garantie en cas de contrôle. Voici, concrètement, ce que vous devez tenir à jour en 2026 et les pièges à éviter.
Comptabilité en micro-entreprise : des obligations réduites mais réelles
Le régime micro repose sur une comptabilité dite « super-simplifiée ». Vous êtes dispensé de tenir une comptabilité d’engagement, d’établir des comptes annuels et de produire une liasse fiscale. Vos cotisations et votre impôt sont calculés sur le chiffre d’affaires encaissé, après un abattement forfaitaire que l’administration applique elle-même. Vous ne déduisez donc aucune charge réelle, ce qui explique l’absence de comptabilité détaillée des dépenses.
Cette légèreté ne signifie pas absence d’obligations. Trois piliers structurent la comptabilité du micro-entrepreneur : la tenue d’un livre des recettes, l’émission de factures conformes et, pour certaines activités, un registre des achats. À cela s’ajoutent la conservation des justificatifs et, au-delà d’un certain seuil, l’ouverture d’un compte bancaire dédié.

Le livre des recettes, document central
Le livre des recettes recense, dans l’ordre chronologique, toutes les sommes réellement encaissées au cours de l’exercice. Aucun format n’est imposé : un tableur, un cahier ou un logiciel dédié conviennent, du moment que les écritures ne peuvent pas être modifiées après coup. Chaque encaissement doit faire apparaître un ensemble d’informations précises.
- La date de l’encaissement.
- La référence de la facture correspondante.
- Le nom du client ou l’origine de la recette.
- La nature de la prestation ou du produit vendu.
- Le montant encaissé et le mode de règlement (espèces, virement, carte, chèque).
Ce livre doit correspondre au centime près à ce que vous déclarez à l’URSSAF. Tenez-le à jour au fil de l’eau plutôt qu’en fin de trimestre : c’est la meilleure garantie contre les oublis et les erreurs de saisie. En cas de contrôle, sa cohérence avec vos relevés bancaires et vos déclarations sera le premier point vérifié. Pour la mécanique de la déclaration elle-même, reportez-vous à notre guide sur la manière de déclarer son chiffre d’affaires.
Registre des achats, factures et conservation
Si vous exercez une activité de vente de marchandises, de fournitures ou d’hébergement, vous devez en plus tenir un registre des achats, qui récapitule chaque année le détail de vos approvisionnements. Les prestataires de services purs en sont dispensés. Côté facturation, chaque document émis doit comporter les mentions légales : numéro unique, date, identité et SIREN de l’entreprise, coordonnées du client, description de la prestation, prix et date de règlement.
Tant que vous relevez de la franchise en base de TVA, vos factures portent la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI » et n’affichent pas de TVA. Conservez l’ensemble de vos pièces justificatives — factures émises et reçues, livre des recettes, relevés — pendant au moins six ans, délai durant lequel l’administration fiscale peut exercer son droit de contrôle. Pour les factures, une conservation de dix ans reste la référence prudente.
Compte bancaire dédié et seuil de TVA
L’ouverture d’un compte bancaire séparé n’est obligatoire que si votre chiffre d’affaires dépasse 10 000 euros deux années civiles de suite. En dessous, un simple compte distinct de vos finances personnelles est vivement conseillé pour clarifier votre suivi, sans qu’un compte professionnel coûteux soit exigé. Surveiller vos seuils est d’ailleurs le vrai enjeu de votre comptabilité, car deux plafonds structurent votre régime.
Le premier est le plafond du régime micro lui-même : pour la période 2026-2028, il s’élève à 203 100 euros pour la vente de marchandises et à 83 600 euros pour les prestations de services. Le second est le seuil de franchise en base de TVA, plus bas, au-delà duquel vous devez facturer la TVA. Le tableau ci-dessous résume les valeurs de franchise applicables en 2026.
| Franchise en base de TVA 2026 | Seuil de base | Seuil majoré |
|---|---|---|
| Vente de marchandises et hébergement | 85 000 € | 93 500 € |
| Prestations de services | 37 500 € | 41 250 € |
En franchise, vous ne facturez pas la TVA et ne la récupérez pas sur vos achats. Dès que le seuil majoré est franchi, la TVA devient applicable au premier euro du mois de dépassement : il faut alors la facturer, la déclarer et la reverser. Ces seuils, régulièrement débattus, peuvent évoluer d’une loi de finances à l’autre ; vérifiez la valeur à jour sur impots.gouv.fr avant de bâtir vos prévisions.
Tenir sa comptabilité, c’est aussi anticiper. Un suivi régulier alimente votre plan de trésorerie et vous aide à décider, le moment venu, s’il faut basculer vers le régime réel lorsque vos charges augmentent. N’oubliez pas non plus que votre chiffre d’affaires sert de base à d’autres prélèvements, comme la cotisation foncière des entreprises.
Les règles comptables et fiscales de la micro-entreprise évoluent presque chaque année, notamment sur les seuils de TVA. Les montants cités ici valent à titre indicatif pour 2026. En cas de doute sur votre situation, rapprochez-vous de l’URSSAF, de votre service des impôts des entreprises ou d’un expert-comptable, qui pourra sécuriser vos choix et votre facturation.



