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Comprendre les indemnités journalières

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Un arrêt de travail se traduit rarement par un maintien intégral du salaire. Entre le versement de l’Assurance maladie, le délai de carence et l’éventuel complément de l’employeur, la perte de revenu peut être significative — ou quasi nulle, selon l’ancienneté et la convention collective. Les indemnités journalières, souvent abrégées en IJ ou IJSS, obéissent à des règles précises fixées par le Code de la Sécurité sociale, avec des montants revalorisés plusieurs fois par an. Voici comment le mécanisme fonctionne, ce qui déclenche le droit, comment le montant se calcule et pendant combien de temps il peut être servi.

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Les indemnités journalières compensent une partie de la perte de salaire pendant un arrêt de travail.

À quoi servent les indemnités journalières

Les indemnités journalières sont un revenu de remplacement versé par la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM), ou par la Mutualité sociale agricole (MSA) pour les salariés agricoles, lorsqu’un assuré est dans l’incapacité médicalement constatée de travailler. Elles couvrent l’arrêt maladie, mais aussi le congé de maternité ou de paternité, l’accident du travail et la maladie professionnelle — ces deux derniers cas obéissant à des règles plus favorables que celles décrites ici pour la maladie ordinaire.

Le point de départ, c’est l’avis d’arrêt de travail établi par le médecin. Le salarié dispose en principe de 48 heures pour transmettre les volets 1 et 2 à sa caisse et le volet 3 à son employeur. Un envoi tardif expose à une réduction, voire à une suspension des indemnités : la CPAM adresse d’abord un avertissement, puis peut réduire les IJ de 50 % en cas de récidive dans les 24 mois.

Les conditions d’ouverture du droit

Toucher des IJ suppose d’avoir suffisamment cotisé. Les conditions diffèrent selon la durée de l’arrêt, comme le rappelle service-public.fr.

  • Arrêt de moins de 6 mois : avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 mois précédant l’arrêt, ou avoir cotisé sur une rémunération au moins égale à 1 015 fois le SMIC horaire au cours des 6 mois précédents.
  • Arrêt de plus de 6 mois : justifier en plus de 12 mois d’affiliation à la date de l’arrêt, et avoir travaillé au moins 600 heures sur les 12 mois précédents, ou avoir cotisé sur une rémunération au moins égale à 2 030 fois le SMIC horaire.

Ces seuils sont exprimés en multiples du SMIC horaire, ce qui les fait évoluer à chaque revalorisation du salaire minimum. En 2026, le SMIC a été revalorisé au 1er janvier puis au 1er juin, ce qui déplace mécaniquement les montants de référence. En cas de doute sur son éligibilité, la CPAM reste l’interlocuteur à saisir, via le compte ameli.

Le délai de carence de trois jours

En arrêt maladie ordinaire, l’Assurance maladie ne verse rien pour les trois premiers jours : c’est le délai de carence. Les indemnités journalières ne démarrent qu’au quatrième jour d’arrêt. Cette carence s’applique à chaque nouvel arrêt, sauf en cas de prolongation d’un arrêt en cours, en cas d’affection de longue durée (ALD) pour les arrêts liés à cette affection, et pour les arrêts consécutifs à un accident du travail ou une maladie professionnelle, indemnisés dès le lendemain de l’accident.

La carence de la Sécurité sociale ne signifie pas nécessairement une perte de salaire. De nombreuses conventions collectives et accords d’entreprise prévoient un maintien de salaire dès le premier jour, en tout ou partie. Il faut donc systématiquement consulter le texte conventionnel applicable, dont la référence figure sur le bulletin de salaire : c’est l’un des bons réflexes à avoir quand on apprend à lire correctement sa fiche de paie.

Comment se calcule le montant des indemnités journalières

Le calcul repose sur le salaire journalier de base (SJB). La CPAM additionne les salaires bruts des trois derniers mois précédant l’arrêt (ou des douze derniers mois pour les activités saisonnières ou discontinues), puis divise ce total par 91,25. L’indemnité journalière est ensuite égale à 50 % de ce salaire journalier de base.

Un plafond vient limiter le résultat. Depuis le 1er avril 2025, le salaire pris en compte est plafonné à 1,4 SMIC mensuel, alors qu’il l’était auparavant à 1,8 SMIC. Ce changement a réduit le montant maximal des IJ pour les salaires les plus élevés. Comme le plafond suit le SMIC, il bouge à chaque revalorisation.

ParamètreRègle applicable
Salaire journalier de baseSomme des 3 derniers salaires bruts ÷ 91,25
Taux de l’indemnité50 % du salaire journalier de base
Plafond du salaire retenu1,4 SMIC mensuel (depuis le 1er avril 2025)
IJ maximale (arrêts débutant à compter du 1er juillet 2026)42,97 € brut par jour
Délai de carence (maladie ordinaire)3 jours ; versement à partir du 4e jour
Rythme de versementTous les 14 jours environ, par la CPAM ou la MSA
Paramètres de calcul des IJ maladie. Le montant maximal est revalorisé à chaque évolution du SMIC : vérifier la valeur en vigueur sur ameli.fr à la date de l’arrêt.

Attention : les indemnités journalières sont exprimées en brut. Elles subissent la CSG et la CRDS, et elles sont imposables au titre de l’impôt sur le revenu, sauf lorsqu’elles sont versées au titre d’une affection de longue durée. Le montant net effectivement perçu est donc inférieur au montant brut annoncé.

Le complément versé par l’employeur

La loi impose à l’employeur, sous conditions, de compléter les IJ pour rapprocher le salarié de son salaire habituel. Ce dispositif légal de maintien de salaire suppose au moins un an d’ancienneté dans l’entreprise et s’applique après un délai de carence de 7 jours propre à ce complément. Le salarié perçoit alors 90 % de sa rémunération brute pendant une première période, puis les deux tiers environ pour la période suivante, la durée dépendant de l’ancienneté.

La convention collective ou un accord d’entreprise peut être nettement plus généreux : maintien à 100 % du net, suppression de la carence, prise en charge dès le premier jour. Le régime de prévoyance collective peut également intervenir pour les arrêts longs. Dans la pratique, l’employeur applique souvent la subrogation : il verse au salarié le salaire maintenu et perçoit directement les IJ de la CPAM à sa place.

Pendant combien de temps peut-on être indemnisé ?

En maladie ordinaire, l’Assurance maladie verse au maximum 360 indemnités journalières sur une période de trois ans consécutifs, quel que soit le nombre d’arrêts. En cas d’affection de longue durée, la durée maximale d’indemnisation est portée à trois ans pour l’affection concernée, avec un nouveau droit possible après une reprise du travail d’au moins un an.

Pendant l’arrêt, le salarié doit respecter les obligations posées par le Code de la Sécurité sociale : se soumettre aux contrôles du service médical, respecter les heures de sortie autorisées, ne pas exercer d’activité non autorisée et ne pas quitter le département sans accord préalable de la caisse. Un manquement peut entraîner la suspension des IJ, voire leur remboursement.

Enfin, un arrêt long ne se conclut pas par un simple retour au poste. Selon la durée et la cause de l’absence, une visite médicale de reprise auprès du service de prévention et de santé au travail est obligatoire, et une visite de préreprise peut être demandée dès 30 jours d’arrêt pour anticiper un aménagement de poste. Les montants et seuils évoqués ici évoluant chaque année, la référence à consulter avant toute décision reste ameli.fr ou le simulateur officiel de la CPAM, à la date exacte du début de l’arrêt.

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