Pour un forfait annuel de 218 jours, le nombre JNT 2025 s’établit à 8 jours de repos, contre 9 jours en 2026. Ce chiffre n’a rien d’arbitraire : il découle d’une soustraction que tout salarié au forfait jours peut refaire lui-même en trois minutes, et qui explique pourquoi le total change chaque année sans que personne ne modifie votre contrat.
Encore faut-il savoir ce qu’on compte. Les JNT (jours non travaillés) ne sont ni des congés payés, ni des jours fériés, ni un cadeau de l’employeur : ce sont les jours qui restent une fois retirés du calendrier tous les jours où vous ne travaillez déjà pas, pour atteindre exactement le plafond fixé par votre convention de forfait.
En bref
En 2025, un forfait de 218 jours ouvrait droit à 8 JNT : 365 jours moins 104 samedis et dimanches, moins 25 jours de congés payés, moins 10 jours fériés tombant en semaine, moins 218 jours travaillés. En 2026, le résultat passe à 9 JNT parce que seuls 9 jours fériés tombent du lundi au vendredi. Un forfait inférieur à 218 jours augmente mécaniquement ce total, et les JNT non pris au 31 décembre sont en principe perdus, sauf accord collectif ou rachat formalisé par avenant.
JNT, RTT, JRS : trois sigles pour la même réalité
La confusion de vocabulaire est la première source d’erreur. Le sigle JNT signifie « jour non travaillé », on trouve aussi JRS pour « jour de repos supplémentaire », et bien sûr RTT. Dans les faits, pour un salarié au forfait jours, ces trois termes désignent la même chose : les jours de repos générés par l’écart entre le calendrier réel et le nombre de jours que vous devez travailler dans l’année.
Le terme JNT est privilégié dans certaines conventions collectives, notamment la métallurgie et Syntec, tandis que RTT reste le mot du langage courant. La nuance juridique existe pourtant : les RTT au sens strict compensent une durée hebdomadaire supérieure à 35 heures, alors que le salarié en forfait jours n’a pas d’horaire de référence. Ses JNT sont un solde calendaire, pas une compensation d’heures. C’est pour cette raison qu’ils varient d’une année sur l’autre alors que des RTT « classiques » sont souvent fixés forfaitairement par accord.
Nombre JNT 2025 : le calcul ligne par ligne
La formule est toujours la même : 365 (ou 366) jours calendaires, moins les week-ends, moins les congés payés, moins les jours fériés chômés tombant un jour ouvré, moins le nombre de jours du forfait. Voici ce que cela donne pour l’année civile 2025, avec un forfait de 218 jours et 5 semaines de congés payés.
| Poste du calcul | 2025 | Détail |
|---|---|---|
| Jours calendaires | 365 | Année non bissextile |
| Samedis et dimanches | – 104 | 52 samedis + 52 dimanches |
| Congés payés | – 25 | 5 semaines en jours ouvrés |
| Jours fériés chômés en semaine | – 10 | Seul le 1er novembre tombait un samedi |
| Jours travaillés du forfait | – 218 | Journée de solidarité incluse |
| Nombre de JNT 2025 | 8 | 365 – 104 – 25 – 10 – 218 |
Un point mérite d’être souligné, car il revient souvent en entretien annuel : la journée de solidarité est comprise dans les 218 jours, elle ne s’ajoute pas au plafond. Un employeur qui vous demanderait de travailler 219 jours au motif de la solidarité sortirait du cadre de l’article L. 3121-64 du Code du travail.
Pourquoi votre entreprise annonce parfois 7 ou 11 JNT
Si le chiffre affiché par votre service RH diffère, ce n’est pas forcément une erreur. Trois variables changent tout. D’abord le nombre de jours du forfait : beaucoup d’accords d’entreprise retiennent 215, 213 ou 210 jours, pas 218. Ensuite les congés d’ancienneté ou conventionnels : chaque jour de congé supplémentaire vient réduire d’autant le solde de JNT, puisqu’il occupe une case du calendrier déjà retirée du décompte. Enfin la période de référence : certaines entreprises calculent du 1er juin au 31 mai, ou du 1er avril au 31 mars, ce qui mélange deux années civiles et donne un total intermédiaire.
Le point qu’on oublie souvent, c’est le sort des jours fériés locaux. En Alsace-Moselle, le Vendredi saint et le 26 décembre s’ajoutent aux fériés légaux : quand ils tombent en semaine, le nombre de JNT baisse d’autant.
Et en 2026 ? Neuf JNT pour un forfait de 218 jours
L’année 2026 compte 11 jours fériés légaux, dont 2 tombent le week-end (le 15 août un samedi et le 1er novembre un dimanche). Il reste donc 9 jours fériés chômés en semaine, soit un de moins qu’en 2025. Le calcul devient : 365 – 104 – 25 – 9 – 218 = 9 JNT. Autrement dit, un jour férié « perdu » un week-end est un JNT gagné, et inversement.
| Année | Fériés chômés en semaine | JNT pour un forfait 218 jours |
|---|---|---|
| 2025 | 10 | 8 |
| 2026 | 9 | 9 |
Ce mécanisme surprend souvent les salariés qui découvrent le forfait jours : une année « riche » en ponts, où les fériés tombent bien, est en réalité une année pauvre en JNT. Le total de jours de repos reste globalement stable, seule sa répartition change.
Si la logique du décompte reste abstraite, cette démonstration vidéo reprend le calcul pas à pas pour un cadre au forfait jours.
Forfait réduit : chaque jour en moins est un JNT en plus
Le plafond de 218 jours est un maximum légal, pas une obligation. De nombreux accords de branche fixent un nombre inférieur, et la règle est arithmétique : un jour retiré du forfait donne un JNT supplémentaire. Voici les correspondances pour les forfaits les plus courants.
| Forfait annuel | JNT en 2025 | JNT en 2026 |
|---|---|---|
| 218 jours | 8 | 9 |
| 215 jours | 11 | 12 |
| 213 jours | 13 | 14 |
| 210 jours | 16 | 17 |
Vérifiez le chiffre inscrit dans votre convention individuelle de forfait, annexée au contrat de travail ou intégrée par avenant. C’est ce document, et lui seul, qui fixe votre base de calcul. Un accord collectif ne suffit pas à vous appliquer le forfait jours : votre accord écrit individuel est obligatoire.
Voici comment vérifier votre propre nombre de JNT
Plutôt que de faire confiance au compteur du logiciel de paie, refaites le calcul une fois par an, en janvier. La méthode tient en cinq vérifications.
- Relisez votre convention individuelle de forfait et notez le nombre exact de jours travaillés qu’elle prévoit.
- Comptez les jours fériés de l’année qui tombent du lundi au vendredi, en ajoutant les fériés locaux si vous travaillez en Alsace-Moselle.
- Ajoutez à vos 25 jours de congés payés les éventuels jours d’ancienneté ou congés conventionnels prévus par votre branche.
- Appliquez la soustraction et comparez le résultat au compteur affiché sur votre bulletin de paie ou votre outil RH.
- En cas d’écart, demandez par écrit le détail du calcul retenu : la charge de la preuve du décompte pèse sur l’employeur.
Qui décide des dates de pose des JNT
Contrairement aux congés payés, les JNT ne relèvent pas d’un régime légal détaillé. C’est l’accord collectif instaurant le forfait jours qui fixe les modalités de pose, et la formule la plus répandue partage le solde en deux : une moitié à l’initiative du salarié, une moitié à celle de l’employeur, qui peut ainsi imposer des jours de fermeture ou des ponts. Quand l’employeur impose une date, il doit respecter un délai de prévenance raisonnable, souvent fixé à sept jours par les accords.
Un employeur ne peut pas non plus refuser systématiquement toutes les demandes : le forfait jours s’accompagne d’une obligation de suivi de la charge de travail et d’un entretien annuel portant sur l’organisation, l’articulation vie professionnelle et vie personnelle et la rémunération. La jurisprudence rappelle régulièrement que ce contrôle ne peut pas reposer sur le seul déclaratif du salarié.
JNT non pris au 31 décembre : perdus, reportés ou payés ?
Le principe est sévère : sauf disposition contraire d’un accord collectif, les JNT non pris à la fin de la période de référence sont perdus. Aucun report automatique n’est prévu par le Code du travail. Deux exceptions importantes tempèrent cette règle.
La première tient à la responsabilité de l’employeur. Si le salarié démontre qu’il a été empêché de poser ses jours, par une charge de travail excessive ou des refus répétés, il peut prétendre à une indemnisation. Conservez les traces écrites de vos demandes, ce sont elles qui font la différence devant le conseil de prud’hommes.
La seconde est le rachat de jours de repos, prévu par l’article L. 3121-59 du Code du travail. En accord avec l’employeur, le salarié peut renoncer à une partie de ses JNT contre une majoration de salaire d’au moins 10 %. Le dispositif suppose un avenant écrit, valable pour la seule année en cours et non reconductible tacitement, et le nombre de jours travaillés ne peut alors pas dépasser 235 jours. À défaut d’accord écrit fixant le taux, le juge peut retenir une majoration supérieure à 10 %.
Entrée ou sortie en cours d’année : le prorata
Un salarié embauché en cours d’année ne bénéficie évidemment pas des 8 ou 9 JNT complets. Le calcul est proratisé sur la période réellement couverte : on part des jours calendaires entre la date d’entrée et la fin de la période de référence, on retire les week-ends, les jours fériés et les congés payés effectivement acquis, puis on ajuste le forfait au prorata. Attention au cas fréquent du salarié récemment embauché qui n’a pas encore acquis ses 25 jours de congés payés : n’ayant pas de congés à déduire, il doit travailler davantage de jours, ce que l’accord collectif compense normalement par un forfait réduit sur la première année.
À la sortie, les JNT acquis et non pris sont en général indemnisés dans le solde de tout compte, selon les modalités prévues par l’accord. Vérifiez cette ligne avec attention : c’est l’un des postes les plus souvent oubliés lors d’un départ en cours d’année.
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